Vous expédiez régulièrement des colis du Canada vers les États-Unis ? Le 20 février 2026, la Cour suprême américaine a invalidé une partie des droits de douane imposés par l’administration Trump en vertu de l’International Economic Emergency Powers Act (IEEPA). Beaucoup de PME canadiennes ont alors espéré un retour à l’ancien régime, notamment au seuil « de minimis » de 800 $ US qui exonérait jusqu’ici les petits colis.
La réalité est plus nuancée. Trois mois après la décision, l’exemption de minimis n’a pas été rétablie, un nouveau droit universel de 10 % est entré en vigueur, et les délais en douane se sont allongés. Pour un expéditeur canadien, naviguer ce nouveau paysage demande des réflexes précis.
Voici le guide complet pour expédier aux États-Unis en 2026 sans mauvaise surprise — basé sur les annonces officielles des transporteurs, les décrets exécutifs récents et les retours du terrain.
Ce que la Cour suprême a vraiment changé (et ce qu’elle n’a pas changé)
La décision du 20 février 2026 a invalidé l’utilisation de l’IEEPA pour imposer des droits de douane. En réaction, l’administration américaine a retiré les droits IEEPA et les a remplacés, dès le 24 février 2026, par un droit universel de 10 % en vertu de l’article 122 du Trade Act of 1974, applicable pour une période maximale de 150 jours.
En clair, le nom du droit a changé, mais la facture reste salée pour vos colis.
L’exemption de minimis reste suspendue
Depuis le 29 août 2025, les États-Unis ont suspendu l’exemption de minimis qui dispensait jusque-là les envois commerciaux de moins de 800 $ US de droits et taxes. Cette suspension a été instaurée par un décret exécutif distinct de l’IEEPA — elle n’a donc pas été touchée par l’arrêt de la Cour suprême. Un décret présidentiel du printemps 2026 a même formellement confirmé la prolongation de cette suspension.
Concrètement, chaque colis commercial canadien à destination des États-Unis est désormais évalué et taxé, peu importe sa valeur.
Les nouveaux coûts à intégrer dans vos prix de vente
Trois catégories de frais s’additionnent maintenant pour vos expéditions transfrontalières. Les ignorer, c’est rogner votre marge silencieusement.
1. Le droit universel de 10 % (Section 122)
Appliqué à la valeur déclarée en douane de la marchandise. Pour un colis de 150 $ CA, comptez environ 11 $ CA de droits supplémentaires, hors transport.
2. Les hausses tarifaires des transporteurs
UPS et FedEx ont appliqué une hausse générale (GRI) de 5,9 % en moyenne, respectivement le 22 décembre 2025 et le 5 janvier 2026. Sur le terrain, plusieurs analystes du secteur observent que l’impact réel se situe plutôt entre 8 et 12 %, à cause des nouvelles règles sur les frais de manutention supplémentaire et la surcharge « gros colis », élargies aux envois dont le volume dépasse 10 368 pouces cubes. Purolator avait pour sa part appliqué une hausse moyenne de 5,7 % le 1er septembre 2025, et des ajustements pour le fret LTL au 1er janvier 2026.
3. Les frais de courtage et de traitement
Avec la fin du de minimis, même les petits colis nécessitent une déclaration en douane complète. Les transporteurs facturent désormais ces démarches au cas par cas, généralement entre 10 $ et 25 $ par envoi selon le service choisi.
Le tableau récapitulatif pour vos décisions tarifaires
| Type de colis | Avant le 29 août 2025 | Depuis mai 2026 |
|---|---|---|
| Envoi commercial < 800 $ US | Exempté de droits | Droit de 10 % + courtage |
| Envoi commercial > 800 $ US | Droits applicables | Droits + 10 % additionnel |
| Cadeau personnel < 100 $ US | Exempté | Exempté (entre particuliers) |
| Document | Exempté | Exempté |
Les obligations documentaires à ne plus négliger
Postes Canada exige désormais un ID de déclaration (code à 13 caractères) avant de pouvoir produire une étiquette pour les États-Unis. Ce code prouve que les droits ont été prépayés par un partenaire qualifié reconnu par les douanes américaines (CBP).
Pour chaque colis, prévoyez systématiquement les éléments suivants :
- Une facture commerciale détaillée avec description précise des marchandises (pas seulement « gift » ou « samples »).
- Le code HS (système harmonisé) à six chiffres minimum pour chaque article.
- La valeur déclarée correspondant au prix de vente réel — la sous-déclaration est un risque légal.
- Le pays d’origine de fabrication, et non simplement le pays d’expédition.
- Vos coordonnées d’expéditeur et le numéro IRS ou EIN du destinataire commercial.
Quatre stratégies pour limiter l’impact sur votre PME
Consolidez vos envois
Plutôt qu’expédier dix petits colis dans la semaine, regroupez-les quand c’est possible. Les frais de courtage sont en grande partie fixes par envoi, pas par produit. Un regroupement bien pensé peut diviser ces coûts par cinq ou six.
Repensez l’emballage pour le poids volumétrique
Les transporteurs facturent au plus élevé entre poids réel et poids volumétrique. Réduire la hauteur d’une boîte de 1 à 2 cm peut faire basculer un colis dans une tranche tarifaire inférieure et compenser une partie de la hausse 2026.
Comparez les services chaque trimestre
Les écarts entre UPS, FedEx, Purolator, DHL et Postes Canada se sont creusés en 2026. Un service rentable en janvier ne l’est plus forcément en mai. Un comparateur multi-transporteurs ou un courtier spécialisé permet d’identifier le bon partenaire pour chaque zone postale américaine.
Communiquez avec vos clients américains
Affichez clairement les frais de douane prépayés au moment de la commande. La transparence évite les colis refusés et les rétrofacturations — l’un des principaux postes de pertes pour les e-commerçants canadiens depuis l’automne 2025.
À surveiller dans les prochains mois
Le droit de 10 % imposé via la Section 122 a une durée maximale de 150 jours sans intervention du Congrès américain. Une prolongation, une modification de taux ou une nouvelle décision judiciaire est attendue à l’été 2026. Garder un œil sur les communications officielles de l’Office of the United States Trade Representative et des associations de PME comme la FCEI reste essentiel.
Conclusion : la conformité est devenue un avantage concurrentiel
Expédier aux États-Unis en 2026, c’est accepter qu’aucun colis n’est plus « invisible » aux yeux des douanes. Les PME qui maîtrisent rapidement la nouvelle paperasse, qui consolident leurs flux et qui choisissent les bons services tarifaires conservent leur compétitivité ; les autres voient leurs marges s’éroder envoi après envoi.
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